Le 24 juin 2026, le Conseil fédéral a pris connaissance de l’évaluation de la nouvelle réglementation de la psychothérapie pratiquée par des psychologues, entrée en vigueur le 1er juillet 2022. Le constat global est positif sur l’accès aux soins. Mais un point précis ressort comme candidat prioritaire à la simplification : la procédure de demande de garantie de prise en charge au-delà de 30 séances — ce que les psychologues-psychothérapeutes appellent au quotidien le rapport 30 séances.

Cet article fait le point sur ce que dit réellement l’évaluation, pourquoi ce processus pèse autant sur les cabinets, comment le contexte politique converge vers la débureaucratisation, et ce que vous pouvez faire dès aujourd’hui — sans attendre la réforme.

Ce que dit l’évaluation du Conseil fédéral

Le rapport d’évaluation formative mandaté par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et le rapport de l’OFSP qui l’accompagne ont été publiés le 24 juin 2026 et présentés au Conseil fédéral lors de sa séance du même jour (communiqué OFSP).

Trois conclusions principales :

  • L’accès aux soins s’est amélioré. Le passage du modèle de la délégation au modèle de la prescription est jugé réussi par les patients comme par les professionnels. La psychothérapie pratiquée par des psychologues est globalement plus accessible qu’auparavant.
  • Les coûts ont fortement augmenté. Selon l’évaluation, les coûts à charge de l’assurance obligatoire des soins (AOS) sont passés d’environ 528 à 922 millions de francs sur les trois premières années. Le Conseil fédéral indique vouloir continuer à surveiller ces coûts et analyser en détail l’évolution de la prise en charge.
  • La procédure de prise en charge des thérapies longues est dans le viseur. L’augmentation du recours aux prises en charge de longue durée fait partie des facteurs de hausse identifiés. C’est précisément autour de cette procédure — la demande de garantie au-delà de 30 séances — que se concentrent les questions d’efficacité administrative.

Autrement dit : la réforme de fond fonctionne pour les patients, mais le processus qui encadre les thérapies longues reste lourd à opérer pour les cabinets. C’est là que se joue la prochaine étape de simplification.

Pourquoi le rapport 30 séances pose problème

Rappelons d’abord le cadre. Une première prescription couvre jusqu’à 15 séances. Au-delà d’un total de 30 séances cumulées, une demande de garantie de prise en charge doit être adressée à l’assureur. Cette demande prend la forme d’un rapport qui inclut une évaluation rédigée par un psychiatre-psychothérapeute (ou un pédopsychiatre). Il est recommandé de lancer la procédure entre la 25e et la 30e séance, afin de limiter le risque d’interruption de la prise en charge.

Le problème n’est pas le principe — une évaluation indépendante pour les thérapies longues se défend. Le problème est le nombre d’intervenants à coordonner sur un seul document. Dans sa lecture de l’évaluation, la Fédération suisse des psychologues (FSP) souligne que le processus mobilise quatre spécialistes :

  1. le psychologue-psychothérapeute traitant, qui établit la demande ;
  2. le médecin prescripteur de premier recours ;
  3. le psychiatre-psychothérapeute qui rédige l’évaluation indépendante ;
  4. le médecin-conseil de l’assureur, qui statue sur la garantie.

Pour le cabinet, cela se traduit par des conséquences très concrètes :

  • Du temps perdu sur la coordination des signatures : imprimer, scanner, envoyer par e-mail, relancer, attendre.
  • Un risque de blocage de la prolongation si une signature manque dans les délais.
  • Une frustration côté patient, lorsque la procédure traîne et menace d’interrompre une prise en charge en cours.
  • Des coûts administratifs évitables que la FSP qualifie de difficilement compatibles avec les critères d’efficacité, d’adéquation et d’économicité (EAE) inscrits dans la LAMal.

Ce ne sont pas des coûts de soins — ce sont des coûts de friction. Et ce sont exactement ceux qu’une organisation de cabinet bien pensée peut réduire.

Le contexte politique : une fenêtre de simplification

L’évaluation de l’OFSP ne tombe pas dans le vide. Elle s’inscrit dans une convergence d’acteurs — politiques, médicaux, assurantiels et professionnels — qui pointent tous vers le même besoin : alléger la bureaucratie en santé.

  • Au Parlement, la motion 24.3441 de Thomas de Courten demande la suppression des réglementations administratives inutiles dans le système de santé. Elle a suivi son parcours parlementaire en 2026.
  • Du côté du corps médical et des assureurs, l’initiative « Tigres de papier » réunit médecins et assureurs autour d’un même objectif : combattre l’excès de bureaucratie. Le fait que prestataires et payeurs s’accordent est, en soi, un signal fort.
  • Au niveau du Département fédéral de l’intérieur (DFI), la réduction de la charge administrative en santé figure parmi les priorités affichées de la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider.

Aucun de ces éléments ne réglera, à lui seul, le rapport 30 séances. Mais ensemble, ils dessinent un mouvement de fond : la débureaucratisation n’est plus une revendication isolée des cabinets, c’est un chantier porté simultanément par le politique, le médical, l’assurantiel et les associations professionnelles.

Ce que les psychothérapeutes peuvent faire dès aujourd’hui

Voici la nuance importante : une simplification réglementaire prendra du temps. Modifier une procédure inscrite dans le cadre LAMal, c’est une affaire de mois, voire d’années. En attendant, le rapport 30 séances reste obligatoire — et il faut bien l’opérer.

La bonne nouvelle, c’est que l’essentiel de la lourdeur ne vient pas de la règle elle-même, mais de la manière dont le flux est exécuté : encore beaucoup d’impressions, de scans et d’e-mails manuels. Or ce flux, on peut le digitaliser dès maintenant, sans rien changer à la réglementation :

  • Pré-remplissage du rapport directement depuis le dossier patient (séances effectuées, problématique, évolution) — vous ne ressaisissez rien.
  • Signatures électroniques entre les intervenants, sans impression ni scan : chaque acteur valide en quelques clics depuis un lien sécurisé, sans même créer de compte.
  • Envoi direct à l’assurance via les bonnes adresses, que les logiciels collectent et tiennent à jour une par une.
  • Visibilité en temps réel du statut : qui doit signer, qui a déjà signé, où en est la demande — fini les relances à l’aveugle.

C’est précisément ce que propose Le Cabinet. Le rapport 30 séances y est entièrement digitalisé, de la génération du document jusqu’à son archivage dans le dossier patient après signature. Ce n’est pas une promesse pour demain : c’est une fonctionnalité opérationnelle aujourd’hui, déjà utilisée au quotidien par des cabinets en Suisse romande.

« Le rapport informatisé a grandement amélioré mon travail administratif. Il est très simple d’utilisation, tant pour les psychologues que pour les partenaires médecins qui se disent eux aussi ravis de son efficacité. Plutôt que de créer des fichiers, les enregistrer et les envoyer, tout se fait en quelques clics. C’est un gain de temps et d’énergie conséquent dont je ne me passerais plus ! »
Mathieu Renaud · Psychologue-psychothérapeute FSP, Vevey

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